Revues litteraires

 

 

 

 

 

 

Aujourd’hui, ce n’est pas un livre mais une bande-dessinée que je vais vous présenter.

L’album s’intitule tout simplement : "Le marathon de Safia".

C’est l’histoire d’une passion qui débute très tôt pour le personnage principal, Safia.

Âgée de 16 ans, celle-ci adore courir et rêve d’or olympique et de devenir marathonienne. Malheureusement son père qui est de confession musulmane refuse de la voir s’exhiber et ne l’encourage pas dans cette voie. C’est même son principal obstacle à sa passion. Vous découvrirez en lisant cette BD comment Safia va essayer de surmonter tous les obstacles qui vont se dresser sur son chemin et tenter de réaliser son rêve.

L’histoire s’inspire naturellement de la vie de grandes championnes et comporte de nombreuses références historiques et d’explications sur le marathon. Elle mets surtout en lumière l’émancipation des femmes dans le sport.

Par contre, les 39 pages de l’album ne sont pas assez nombreuses pour raconter plus en détails cette histoire, qui semble un peu trop raccourcie sur la fin. D’ailleurs,  l’épreuve reine qu’est le marathon n’occupe pas à mon humble avis assez de place dans l’album. Mais celui-ci a le grand mérite d’exister car peu de BD abordent le sujet de la course à pied.

A noter que cette BD fait partie d’une collection soutenue par le ministère de la Jeunesse et des Sports et par la chaîne Eurosport.

Vous pouvez retrouver cette fiche sur le blog de Jean-Pierre : http://running974.wordpress.com/

"Depuis que l’épreuve du marathon existe, sa légende n’a cessé de s’enrichir de nombreuses histoires.
Parmi celles-ci, Philippe Maquat a choisi de nous présenter le parcours de 2 champions qui ont marqué à tout jamais l’histoire de la course à pied et plus particulièrement de l’épreuve reine.
C’est le destin semblable et différent à la fois de 2 éthiopiens.
Le premier a remporté son premier marathon Olympique pieds nus. Il remportera un deuxième titre olympique sur marathon 4 ans après.
Le deuxième a été deux fois champion olympique sur 10 000 m et a longtemps détenu le record du monde du marathon.
Ces deux histoires exceptionnelles sont racontées avec pour cadre l’évolution historique de l’Éthiopie.
A lire pour tout marathonien."
 
Vous pouvez retrouver cette fiche sur le blog de Jean-Pierre : http://running974.wordpress.com/

"Cette semaine, j’ai lu un tout petit bouquin qui s’intitule "courir, écrire" . Il se dévore en à peine une demi-heure. L’auteur Daniel de Roulet est également un marathonien à ses heures perdues. Pour lui, « courir, écrire, c’est le même élan » même si chacune de ces activités a son propre rythme.

3 courses sont abordées dans ce livre, le « Paris-Versailles « , « Le marathon de Berlin » et l’incontournable « marathon de New York ».

Après un petit échauffement sur le parcours du Paris-Versailles, on découvre le marathon de Berlin avec de nombreux détails et rencontres historiques.  L’histoire se poursuit avec la célèbre ligne bleue qui nous guide tout au long des rues de New-York.

Pas toujours facile à lire, notamment pour le premier texte, les deux derniers sur les marathons sont pour ma part plus abordables. A lire très vite dans le sas de départ d’une de ces célèbres courses."

 

Vous pouvez retrouver cette fiche sur le blog de Jean-Pierrehttp://running974.wordpress.com/

 

« Nous sommes différents, de nature, des autres hommes. Si tu veux gagner, cours le 100 mètres. Si tu veux tenter une autre existence, cours un marathon. » Emil Zatopek.

Voilà un livre dont le titre a le mérite d’être court et clair. Faussement clair en vérité. Car, si dans ce livre (un « roman » publié en 2008), il est évidemment question de course(s), en fait, c’est surtout d’un coureur qu’il s’agit. Et non des moindres : une légende de la course de fond, à tel point qu’une revue spécialisée 1 porte fièrement ce nom… Et voilà dont un écrivain français important, apprécié et reconnu (prix Médicis en 1983, prix Goncourt en 1999) qui s’intéresse soudain à cet athlète tchèque, devenu une icône dans son pays et dans le monde entier, à travers des exploits sportifs exceptionnels et souvent qualifiés de « surhumains ».

Mais le romancier s’intéresse probablement à cet homme, non pas tant parce qu’il va gagner 4 titres olympiques (3 aux seuls JO de 1952 à Helsinki : le 5000 d’abord, le 10 000 ensuite et, le lendemain, le marathon, qu’il courait pour le 1ère fois !…) et 18 records du monde, que parce que sa vie quotidienne s’inscrit en permanence dans les défis et les difficultés de tous ordres. Zatopek est connu pour sa manière de s’entraîner, s’infligeant des séances « à intervalles » -­‐il est l’inventeur de cette méthode, désormais bien connue, n’est-­‐ce pas ?-­‐, séances jugées inhumaines et destructrices. Il demeure aussi dans les mémoires pour sa manière très particulière de courir et qu’Echenoz évoque fort bien : en labourant littéralement le sol. Il semblait en permanence au bord de la rupture, à l’agonie… mais il « semait » tous ses adversaires au fil des kilomètres, notamment en changeant constamment de rythme de manière imprévisible et souvent brutale. Un technicien du « geste » lui disant qu’il gagnerait encore en efficacité en courant de manière plus ordonnée, plus légère et plus fluide, donc plus « esthétique », il répondit qu’il ne fallait pas confondre course de fond et patinage artistique et que quand on donnerait une « note artistique » aux marathoniens sur leur manière de courir, il réfléchirait peut-­‐être à corriger son « style ». Le bonhomme était ainsi : un bloc indestructible.

Echenoz a le mérite de bien le montrer, notamment lorsque Zatopek, prenant parti pour le « printemps de Prague » (la résistance tchèque à l’URSS en 1968), il se trouve relégué, lui qui était jusqu’alors considéré comme une gloire nationale, dans des tâches… de simple éboueur : dans les rues de Prague, les habitants l’acclament à chaque tournée de ramassage des poubelles et courent à ses côtés… On l’envoie alors dans une mine d’uranium… Ce roman d’Echenoz montre très bien la force de caractère de cet homme que rien, ni personne, ne parviendra à soumettre ou à abattre : un grand « résistant », dans tous les sens du terme !

Thierry Simon.

 

Haruki MURAKAMI est un écrivain japonais tellement important que son nom est évoqué, tous les ans, dans les jours qui précédent la désignation du prix Nobel de littérature : manqué jusqu’alors ! Mais peu importe : cet écrivain immense a déjà une dimension et une célébrité mondiales. Son dernier roman, 1Q84, récemment traduit en français, (en deux tomes : 10/18), s’est vendu… à 4 millions d’exemplaires au Japon et approcherait les 10 millions d’exemplaires dans le monde ! Dans le domaine des succès de librairie, il ne joue certainement pas « petit bras »… Murakami est d’abord un passionné de jazz. Alors qu’il vivait de cette passion, grâce au club qu’il avait créé à Tokyo, il décida, le 1er avril 1978, (lors d’un match de base-­‐ball !) d’écrire un premier roman : « Je me souviens encore du vaste ciel dégagé, je sens encore l’odeur de herbe tendre, j’entends le claquement agréable de la batte. Quelque chose serait tombé du ciel à cet instant, n’importe quoi, je l’aurais accepté ». Les succès, rapidement et successivement obtenus par le nouvel écrivain, le conduisent à se consacrer, tout entier, à l’écriture. Mais, avec ce travail forcément très sédentaire, sa « forme physique » finit par lui poser problème. Il décide alors de courir, après avoir quitté la ville de Tokyo, vivant désormais dans les campagnes de la région tokyoïte où les belles routes et les sentiers abondent. C’est alors le début d’une longue aventure qui dure encore… et qui nous est racontée par le détail, mais très simplement, dans ce formidable Autoportrait de l’auteur en coureur de fond. Lorsque l’on est soi-­‐même coureur, ce que nous raconte là Murakami trouve un écho certain. C’est finalement assez étrange de lire, sous sa plume, ce que l’on peut avoir soi-­‐même ressenti, voire même de réaliser soudain, en le lisant, que l’on a eu aussi ces impressions fugaces, ce vécu fugitif mais rémanent. Ainsi, Murakami s’est vu, lui aussi, interrogé, comme la plupart d’entre nous, coureurs de fond : «On m’a souvent demandé à quoi je pensais lorsque je courais. En général, les gens qui me posent cette question n’ont jamais participé eux-­mêmes à une course de fond. A quoi exactement est-­ce que je pense lorsque je cours ? Eh bien, je n’en sais rien. (…) Simplement je cours. Je cours dans le vide. Ou peut-­être devrais-­je le dire autrement : je cours pour obtenir le vide. (…). Les pensées qui me viennent en courant sont comme des nuages dans le ciel. » Un jour, il décide de courir un « ultra-­‐marathon », les 100 km d’Hokkaïdo, l’île japonaise du nord de l’archipel. Ce qu’il restitue de son aventure nous rapproche, me semble-­‐t-­‐il, de nos expériences faites pendant des « ultra-­‐trails » comme le Grand Raid. Ainsi, ce sentiment, entre le km 55 et le km 75 : « J’avais la sensation d’être semblable à un morceau de boeuf en train de passer à vitesse réduite au hachoir à viande. » Ce syndrome du « steack haché » (ou du « tartare de thon » : au choix) comme on pourrait l’appeler, il me semble bien l’avoir vécu (pas vous ?), bien plus d’une fois « haché », plus ou moins menu, notamment assez souvent du côté de Mafate lors d’un Grand Raid !… Et, combien parmi nous n’ont-­‐ils pas ressenti aussi cette impression (mais en est-­‐ce une ? ne serait-­‐ce pas, en fait, la réalité ?) lors d’une course de fond : « … je tentais de réduire le monde de mes perceptions à ses limites les plus étroites. Tout ce que je voyais était le sol, à trois mètres devant moi. Il m’était tout à fait inutile de penser au-­delà. Le ciel et le vent, l’herbe, (…) les spectateurs et leurs encouragements, le lac, les romans, la réalité, le passé, les souvenirs – plus rien n’avait de connexion avec moi. Simplement je devais me propulser au-­delà de ces trois mètres – telle était ma minuscule raison de vivre… ». De Tokyo à New York, de Hawaï à Athènes, ces sensations multiples, mais toujours justes, sont restituées très simplement par un grand écrivain, coureur de fond émérite. Courant au moins un « grand » marathon par an –ceux de New York et de Boston à de multiples reprises -­‐, depuis plus d’un quart de siècle, il nous livre tout de ses sensations, avec autant de finesse que d’humour, comme lors de cet entraînement : « Je garde (…) le souvenir ému de mon entraînement sur les hauteurs de Boulder, dans le Colorado, durant lequel j’ai rencontré Yuko Arimori, médaillée d’argent du marathon des jeux Olympiques de Barcelone. Ce n’était certes qu’un jogging léger, pourtant, moi qui venais du Japon et qui courais soudain à une altitude de près de trois mille mètres, j’ai trouvé l’épreuve vraiment difficile : mes poumons se plaignaient, j’avais la tête vide et terriblement soif. Yuko Arimori m’a jeté un bref regard moqueur. « Quelque chose ne va pas, monsieur Murakami ? » ». Murakami court en écoutant de la musique et il estime ainsi que « le coeur funky qui répète « Hou hou » dans « Sympathy for the devil » (des Rolling stones) s’accorde parfaitement avec la course ». Bien qu’écoutant rarement de la musique en courant, je confirme, car j’ai essayé : « Sympathy for the devil », c’est effectivement ce qu’il faut pour tenir le 12 km/h, le « Hou hou » est en effet positivement hypnotique. Une fois « calé » sur les foulées : ça roule! On peut aussi essayer « Gimme shelter » (en boucle et à donf), cette fois pour « tenir », ne serait-­‐ce que quelques minutes, les 15 km/h de notre jeunesse définitivement enfuie.

Thierry Simon

 

Born to run

Christopher McDougall

 

Comment en cherchant à résoudre une simple mais tenace douleur au pied, on peut se retrouver au milieu des Copper Canyons, au coeur du Mexique, à la recherche de la tribu des Tarahumaras…

 

L'auteur, journaliste et coureur de longues distances découvre au cours d'un reportage au Mexique l'existence d'une tribu dont les qualités de coureurs de fond pourraient rendre jaloux Kilian Jornet lui-même...

 

Il entreprend de se rendre sur leur inhospitalier territoire et tente de les approcher afin de découvrir leur secret.

 

Guidé en fil conducteur par sa traque de l'insaisissable  "Caballo Blanco" (Cavalier Blanc), qui a adopté le mode de vie des Tarahumaras et rêve d'organiser sa course sur leur territoire, vous découvrirez les mythiques courses d'ultra américaines, tel le Leadville Trail 100, l'American River 50-Miles Endurance Run, la Western State, tout en côtoyant les figures légendaires qui furent les pionniers de ces distances hors normes.

 

Ecrit comme un véritable roman d'aventure, c'est également une réflexion sur l'évolution des techniques de course et les méfaits de nos confortables chaussures de trail…

 

Un brillant plaidoyer pour la course minimaliste !!! 

 

Luc

 

 

Les éditions Guérin étant au bouquin de récit de montagne ce qu'est la Pléiade de Gallimard aux oeuvres dites exceptionnelles de la  littérature française et maintenant mondiale, je me suis demandé par quel miracle Nathalie Lamoureux et son parcours hasardeux d'une coureuse de longue distance était parvenu à revêtir la couverture rouge tant convoitée  par certains ?
 
Figurer entre Roger Frison-Roche et Livanos, voilà qui étoffe la carte de visite de cette journaliste voyageuse...
 
Au fil de son récit qui laisse défiler les kilomètres parcourus durant six années de pratique assidue des courses de longue distance, vous découvrirez comment et pourquoi elle est devenue prisonnière du phénomène  social qu'est devenu le trail.
 
Néophyte, voir plutôt oiseau de nuit "des boites" parisiennes, elle met le doigt à trente six ans dans l'engrenage qui va la conduire d'un premier semi-marathon aux épreuves mythiques de l'ultrafond.
 
Ce n'est pas le parcours d'une championne mais celui d'une boulimique du kilomètre avalé… Marathon des Sables, nombreuses tentatives sur l'UTMB, Petite Trotte à Léon,  Tors des Géants et bien d'autres. Toutes sont prétextes à des rencontres, des aventures humaines et même des amitiés qui durent.
 
Un livre qui met en valeur les coureurs anonymes qui font encore la popularité de ces courses et dont les anecdotes égrainées ne seront pas sans vous rappeler les errances de votre propre parcours… 
 
Si la curiosité vous pousse, vous pourrez également retrouver les chroniques voyages et autres tests de matériel de l'auteur sur : http://www.lepoint.fr/chroniqueurs-du-point/nathalie-lamoureux/
Luc