10 ans, 10 témoignages

Par Thierry SIMON
 
L’avantage quand on vieillit (le seul avantage, peut-être) c’est que l’on accumule les souvenirs (et quand on est coureur, les kilomètres) : vient probablement un moment aussi où l’on perd la mémoire, donc c’est finalement peine perdue que de vieillir, car tous les souvenirs que l’on avait finissent peut-être par s’effacer… Mais tout espoir n’est pas perdu car j’ai récemment lu un article en ligne, totalement bidon à mon avis, disant en substance que courir permettait de rester intelligent (la crédulité, comme la connerie, est sans limite), de ne pas perdre ses neurones en trop grand nombre et surtout trop vite… Si c’était vrai, il y aurait probablement sur terre moins de cons au kilomètre carré : chacun peut observer, me semble-t-il, que ce n’est pas tout à fait le cas… Je ne me rappelle plus quelle année (2008 ?) j’ai rejoint le groupe Déniv’ : il me faudrait donc probablement courir encore plus!… Mais, ce dont je me souviens très bien, c’est que j’ai voulu trop bien faire à ma première PPG : au début, petit footing à l’aise, premiers exercices les doigts dans le nez, ou presque, mais… tout ça fini par être bien long (on en mesure pas la difficulté des enchaînements) et finalement j’ai fini épuisé cette première séance. Une certitude : ces PPG, et les échanges qu’elles permettent, construisent une expérience indispensable pour profiter au mieux du trail ou/et de la course sur route. Depuis une quinzaine d’années, je vais ainsi, avec toujours autant de plaisir, d’ultra-trails en marathons : je suis toujours con (d’ailleurs, je fais encore des « erreurs de débutants », et, preuve ultime de ma connerie : quand je les fais, j’ai conscience de les faire !), mais j’ai peut-être un peu moins perdu de neurones que prévu grâce à ces efforts incessants et donc surtout grâce à Déniv’ ! Il va de soit que j’ai rencontré aussi des personnalités aussi intéressantes qu’attachantes dans ce groupe qui évolue sans cesse : notamment Alain, solide ( que dis-je: indestructible! ) camarade de galère sur plusieurs Grands Raids et sur des milliers de kilomètres d’entraînement, oui, des milliers maintenant ! Et d’autres encore à venir ! Vive Déniv’, vive la République !
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
"DENIV  : un Club auquel j'ai adhéré il y a 6 ans déjà et que j'ai vu évolué au fil du temps ....Je les voyais à l'époque sur le site de Champ Fleuri qu était déjà mon terrain d'entrainement, et je ne les avais pas à la bonne car je les trouvais envahissants !!! ...un peu snobinards  (lol) ...Mais j'ai appris à les connaitre et surtout à m'intégrer.

Des amitiés se sont créées et et fil en anguille je me suis investie au sein du Club en participant au bénévolat lorsque cela était demandé, car pour moi j'estime ne pas être juste un consommateur !!!! Celà permet aussi de découvrir les déniviens autrement. 
Je me suis même engagée pour monter des équipes pour des divers relais à l'aide du coach Johnny et j'avoue que j'ai passé d'excellents moments. 

Je n'aime pas trop changer de Club et si celà devait être le cas c'est que j'aurais changé de discipline ....

DENIV UN JOUR, DENIV TOUJOURS "

 

Par Jean yves BIJON

 

Bonjour à tous,

Je suis arrivé à la Réunion en Août 2009. Après avoir préparé de façon autonome le GRR 2010 (soldé par un abandon à Cilaos), j’ai pensé qu’il serait certainement intéressant d’intégrer une structure sportive dédiée au trail, en recherchant un double objectif : la convivialité et les compétences d’encadrement.

A cette époque (Novembre 2010), je réalisais des missions de conseil en organisation auprès de l’Université des Sports de la Réunion et collaborais avec un certain Eric LACROIX. Quand je lui faisais part de mes recherches d’un club de course de montagne, il m’a bien évidemment parlé de DENIV’, dont il était à l’origine et dont il en assurait la Présidence à l’époque et était l’un des entraîneurs.

J’habitais l’Ouest de l’île et me dire qu’il me faudrait aller plusieurs fois par semaine à St Denis, avec les aléas de la Route du Littoral, ne m’enchantait pas fortement, surtout qu’il existait d’autres structures plus proches, à savoir le BNA à St Paul ou le CAPOSS à la Possession.

Compte tenu de ma relation avec Eric LACROIX, et je dois dire de sa réputation et de sa popularité dans le milieu du trail local et national, je me suis rendu à Champ-Fleuri fin 2010 pour faire mon premier entraînement avec Eric LACROIX……et mon dernier, des divergences de vues notoires entre certains membres du club ayant rapidement engendré un remaniement quasi complet de l’équipe dirigeante du club et des entraîneurs.

Cela aurait pu m’inciter à me diriger vers d’autres clubs mais, d’une part, je me rendais régulièrement sur St Denis pour mes activités professionnelles et, d’autre part, lors de cette première rencontre avec les membres du club, j’ai vraiment ressenti ce que je recherchais, à savoir des gens très sympathiques, ouverts, et un programme d’entraînement sérieux qui me convenait.

Les semaines suivantes ont été marquées par la mise en œuvre d’une nouvelle équipe, d’un nouveau président et de nouveaux entraîneurs, dont Fred HENZE.

Durant les 6 années qui ont suivi, j’ai fréquenté hebdomadairement le club, systématiquement pour les incontournables PPG de notre ami Fred, et de façon régulière pour les séances techniques de piste ou autres front de mer.

Ce club a toujours su proposer un juste équilibre entre le sérieux des séances techniques, le renouvellement régulier du contenu de ces séances (qui en faisait disparaître l’éventuelle monotonie) et une ambiance qui générait une émulation permettant de surpasser certaines difficultés. Un énorme remerciement à Fed pour son énorme investissement et sa pédagogie.

Je mentionnerais également l’un des éléments qui a largement contribué, j’en suis convaincu, à maintenir l’état d’esprit du club : La Newsletter Déniv’. Permettez-moi, dans ce texte, de remercier les rédacteurs de ce document, Philippe, son créateur, et Olivia et Julien, qui ont su reprendre le flambeau de la plus belle des manières. Car il nous faut avoir conscience que ce document est très fastidieux à réaliser, qui plus est, dans des délais incroyables. Cette source d’information, si agréable à lire chaque lundi, fait partie de notre quotidien. J’ai d’ailleurs conservé les 301 news letter, la première datant du 4 avril 2011.

J’ai également eu la chance de participer à l’assistance de diverses courses (Arc en ciel, Raid SFR, GRR…) afin, d’une part, de permettre au club de recevoir certains subsides et, d’autre part, d’assister les coureurs. Ces assistances ont toujours été des moments forts, que ce soit durant l’épreuve, ou durant les fêtes qui précédaient ou suivaient ces manifestations. Pour ma part, je garderais à jamais le souvenir de l’assistance au Maïdo lors du GRR 2015 où j’ai vécu des moments d’une rare intensité en apportant aux différents coureurs des instants de réconfort qui allaient bien au-delà de la simple assistance technique.

Je n’oublierais pas les soirées annuelles DENIV’ et les stages montagnes qui sont également des moments de rencontre permettant de découvrir les gens en dehors de la course, et ainsi de créer des liens.

En conclusion, je dirais que ce club m’a vraiment accompagné durant ces 7 dernières années. Il m’a permis de vivre l’une de mes passions (*) avec sérieux et amusement. Il a été un lieu de rencontres formidable et aujourd’hui, mes vrais amis sont issus de ce club. Merci.

Déniv’ment vôtre

Jean-Yves

(*) : Je vous joins un texte relatif au GRR que j’ai écrit en 2012 et que l’on pourrait intituler : Quand la passion devient obsessionnelle

C’est l’histoire d’un « raideur » … qui n’avait pas été tiré au sort

Je tiens à dire tout d’abord que ce qui suit n’a pas du tout la prétention d’avoir valeur d’exemple mais tout simplement de témoignage que je tenais à partager.

Revenons quelques années en arrière.

Sportif depuis toujours, aimant le sport en général, en ayant pratiqué de nombreux, je découvre la course de montagne, appelé le trail. Nous sommes en 2006. Embarqués par des amis, me voilà au départ d’une course, les Sauta Rocs de St Guilhem le désert, à côté de Montpellier, 27 kms, 1200m D+. Cela me paraît gigantesque, voire insurmontable. De plus la chaleur méditerranéenne, habituellement si agréable, rend le parcours encore plus pénible. Arrivée en 3h20 ….. Ravi d’avoir découvert cette discipline qui va devenir une passion.

Et puis, les mois passent, on se prend au jeu, on commence à s’entraîner plus régulièrement. Septembre 2006, je viens à la Réunion et je fais quelques sorties dans les cirques et 1 reco du GRR. Emerveillement total (même si je termine le séjour aux urgences de Bellepierre après une chute à piton Textor). Dans ma tête, si le GRR demeure inatteignable, je me dis que le semi-raid, avec de l’entraînement, est envisageable. Surtout, si un jour, on pouvait s’installer à la Réunion. Le temps s’écoule. Je participe à d’autres courses, la Verticausse, l’Ardéchois, le trail du Ventoux, le marathon du Mont-Blanc (un de mes meilleurs souvenirs), le marathon des Burons …etc ; Les distances augmentent, les dénivelés aussi, le volume d’entraînement doit suivre. Le trail devient par ailleurs le sujet de discussion principal. On évoque alors les grandes courses, réservées à l’élite, l’UTMB et le GRR. On s’informe, on lit des revues spécialisées ; Mais tout cela nous semble inaccessible. Cela dit, le cheminement mental commence avec, en ligne de mire, la tentative du graal : le GRR. De plus, pour des raisons professionnelles, la mutation de mon épouse est envisageable. Alors, pourquoi pas. Déception en 2008, la demande de mutation est refusée. Mais je viens faire le semi-raid (à cette époque, 66kms, 3400m D+, je finis en 16h, talonné par le vainqueur du GRR (qui, s’il me dépassait, aurait signifié mon abandon). Retour en métropole, 4 ou 5 trails durant la saison et, en 2009, après une nouvelle demande, la mutation est acceptée. Nous voilà donc à la Réunion. Le cheminement mental se poursuit. Je commence à échanger avec d’autres coureurs, amis ou non, car ici, tout le monde parle « Grand Raid ». Et un point commun apparaît : il y a ceux qui ont fait le GRR (et qui le finissent) et les autres. C’est une sorte de famille à laquelle je souhaite appartenir. Je fais un second semi-raid en 2009.

Puis, en 2010, le défi personnel est lancé. Je m’inscris au GRR. Cette inscription demeure un excellent souvenir. Le premier pas était fait. L’inaccessible devenait réalité (tout au moins sur le plan administratif). Un plan d’entraînement pris sur une revue, quelques courses intermédiaires (Bassin Vital, Cross du Piton des neiges, Arc en ciel), l’année 2010 est en grande partie rythmée par l’épreuve magique du mois d’octobre. Ma femme me soutient tout au long de cette année mais l’on se rend compte que ce projet est au centre de tout : discussions très fréquentes (et le mot est faible) autour du GRR, autres activités non entreprises à cause du GRR, vacances prises en fonction des entraînements pour le GRR, … Bref, on vit GRR. La course se déroule bien mais une mauvaise gestion du sommeil , du ravitaillement de Cilaos et une faiblesse mentale me font renoncer. Grosse déception, à la hauteur de l’investissement.

On se promet de ne pas recommencer ….. pendant 2 jours puis on commence à repenser au pourquoi de l’abandon, aux petites erreurs commises et on replonge. On se dit qu’il faut le retenter. Donc, c’est reparti avec, au passage, une inscription dans un club performant et convivial, DENIV’ bien sûr. Mais on se rend compte que l’objectif de réussir le GRR devient de plus en plus prenant, voire obsessionnel. Tout gravite autour de cela. Pour la seconde tentative, en 2011, le scénario se reproduit donc, renforcé par les entraînements à DENIV, les sorties longues du week-end, les week-ends choc et les sorties nocturnes, les rendez-vous kiné, ostéo, les semelles ortho, le cardio…. La pression est présente. Et puis, l’âge avance et l’on se dit : bon, c’est cette année ou jamais … ce qui engendre une pression supplémentaire. De plus, mon fils m’annonce qui va le faire avec moi. C’est magnifique. Après quelques courses de préparation, comme l’année précédente, voici le grand jour arrivé. Pour d’autres raisons, nouvel abandon, mais cette fois-ci sans grande déception car courir avec son fils pendant près de 20h restera un souvenir inaltérable.

Cela dit, le GRR commence à saturer mon épouse. Donc, dans un premier temps, pas d’inscription au GRR 2012. Mais, progressivement, comme une drogue, l’envie de s’inscrire une nouvelle fois devient inévitable. Avec toujours les mêmes arguments : défi personnel, l’âge avance et après il sera trop tard, appartenance à cette famille des finishers. Donc inscription après quelques tractations familiales. Entre décembre 2011 et mars 2012, 3 blessures successives musculaires au mollet droit. Diagnostic, trop d’entraînements depuis 4 ans. Il faut lever le pied (sans jeu de mots). 18 avril, tirage au sort, et là, pas de chance, négatif. 20 avril, nouvelle blessure au mollet. Alors là, je prends ma plus belle plume et demande au club de ne pas participer au tirage au sort interne. Ce mail m’a fait mal au cœur et j’avoue avoir mis un certain temps avant de faire « enter » sur le clavier car cela signifiait pour moi : pas de participation à la fête d’octobre et surtout pas de GRR.

Eh bien, une chose exceptionnelle s’est passée : dès le lendemain, je me suis sentie beaucoup plus serein et beaucoup plus zen. Fini l’objectif permanent, finie la pression, tout changeait. Les vacances auprès de mon fils au Québec en Juillet ne seront pas construites autour des entraînements. Je ferai d’autres activités nautiques sans me poser la question de l’impact musculaire. Je continuerai les entraînements à un rythme moins élevé et certainement moins dur. J’envisage d’organiser un GRT (Grand Raid « Tranquille » avec quelques amis). Tout cela va me permettre, je l’espère, de me ressourcer durant cette année 2012 afin, peut-être de préparer une échéance pour 2013. Laquelle ? Je vous la laisse deviner…..

En conclusion, cette conquête du graal que représente le GRR est un magnifique challenge personnel qui doit bien évidemment s’accompagner de tous les efforts nécessaires en terme d’entraînements, de surveillance et de précautions au niveau médical et alimentaire mais le risque est réel qu’au bout de plusieurs années, cela devienne une obsession qui, de façon invisible, sature l’ensemble de vos autres activités et peut s’avérer traumatisante sur le plan physique. Il est donc peut-être bon de s’avoir ponctuellement prendre du recul, respirer, reposer son organisme… et tout cela, bien sûr, pour mieux repartir.

Bonne chance à tous les raideurs participant à l’une des courses de l’édition 2012 et à bientôt pour l’édition 2013.

Jean-Yves